rAllier la Loire à vélo
J'atterrit de l'autre côté de l'Allier à Guetin, un petit hameau avec un restaurant et deux bars, il doit y avoir du passage en été, mais pas ce début décembre par -2°C. Je continue le long de l'eau jusqu'au Bec d'Allier. C'est là que se rencontrent la Loire et son principal affluent l'Allier. C'est désormais un site naturel classé, où la confluence des deux cours d'eau génère des langues de sable aux couleurs changeantes, piquées de quelques touffes d'herbe, tandis que le courant plus impétueux de l'Allier crée des mini-falaises sablonneuses le long des berges. C'est une réserve d'oiseaux aussi, même si en hiver, cela ne se voit pas trop. Des panneaux explicatifs racontent ce lieu particulier, aux petits airs de fleuve tropical (si l'on oublie le mercure).
Surplombant de quelques mètres ce "bec", le hameau de Bec d'Allier assemble quelques maisons, dont celle de mariniers qui circulaient sur une Loire navigable il y a quelques siècles, spécialistes d'une navigation très particulière. Ceux-ci descendaient le fleuve vers son embouchure sur de simples bateaux à voile, telles les sapines, à faible tirant d'eau, en évitant les bancs de sable et en jonglant avec le courant, un métier pointu. Les sapines étaient ensuite vendues à destination pour fournir du bois. Le déclin intervient au XVIIIème siècle avec le développement du chemin de fer et l'amélioration des routes, tandis que la vapeur remplace le vent sur l'eau. Aujourd'hui, le tourisme reprend possession de la Loire, au moins sur le début de son parcours, mais aussi sur les canaux qui longent ou relient les cours d'eau avoisinants. Il est temps de refaire, toujours à bicyclette, le trajet en sens inverse pour retourner à Nevers et attraper mon train de retour, avec quelques degrés de plus au thermomètre, croisant cette fois de rares cyclistes ou passants.
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