Dé-portés en Ré
Dernier jour de l'année, il fait une douceur quasi-printanière, et un peu de soleil est annoncé pour l'après-midi. Avant d'aller fêter le soir la future nouvelle année, c'est le moment pour une balade, encore une, sur une île de Ré bien calme en cette période. Le trajet en voiture est quand même plus rapide qu'avec le car qui zigzague sur l'île avant de rejoindre les contrées du nord. Il nous faut à peine une heure depuis La Rochelle pour nous retrouver à Saint-Clément-des-Baleines. De là, notre chemin nous emmène à pied vers l'est à travers les marais du Fier d'Ars, empruntant la piste cyclable qui traverse l'île du sud au nord-est, et qui s'avère finalement plus fréquentée que prévue, des grappes de familles qui profitent du moment de la semaine le plus adéquat pour pédaler, bien qu'il y ait du vent. Longeant la réserve naturelle de Lilleau des Niges (quel nom poétique), un peu chiche en oiseaux en cette période, même si l'on croise les habituels aigrettes, poules d'eau, hérons cendrés et cygnes sauvages. On passe devant la Maison du Fier, portes closes, pour nous retrouver aux Portes-en-Ré, où beaucoup de commerces sont fermés, mais où nous dégottons un hôtel-restaurant ouvert (L'Emeraude). Celui-ci ne paie pas de mine, baignant dans son jus d'il y a une cinquantaine d'année dirait-on, tout en dégageant une impression de modernité à l'ancienne. Nous sommes seuls en début de service vers midi trente, la carte est courte, c'est plutôt bon signe, et si la cuisine n'est pas très originale (risotto aux crevettes et curry, bavette au poivre), au moins semble-t-elle bien faite maison et finalement très correcte. Nous traversons le village des Portes, en peu à l'écart de par sa position dans l'île, en haut à droite de la carte, qui a la réputation d'attirer une clientèle fortunée cherchant le calme. Rien d'ostentatoire dans les maisons du village, mais en longeant le bord de mer au nord, on devine, cachées dans la végétation, quelques belles maisons pourvues de grands jardins, arrangées avec goût (à l'extérieur), et parfois même flanquées d'une piscine. Leurs lieux-dits, plages du Gros Jonc et du Petit Marchais, ne reflètent d'ailleurs pas vraiment le caractère cossu des demeures environnantes.
Par la plage du Petit Bec, marchant sur le sable tandis que la mer redescend, l'on rejoint la fameuse Conche des Baleines, qui ne voit plus ces cétacés depuis belle lurette. On alterne marche sur le sable mouillé de la conche et chemin le long des dunes, passant de la mer au sous-bois et vice-versa, s'enfonçant parfois dans le sable, rendant la marche plus difficile, tandis que les deux phares des Baleines, l'ancien et le nouveau, pointent leurs nez à l'horizon. Le quartier des phares est devenu un mini-centre commercial, pas trop moche heureusement, donnant sur un parking, que nous nous empressons de quitter pour emprunter la promenade le long de la plage de la Côte Sauvage, bien protégée des assauts de l'océan par un parapet en béton. Le soleil descend sur la mer, nacrant de reflets aveuglants les mares qui se forment à marée basse entre les nappes de rochers dégagées des flots.Un gros kilomètre à profiter du combo soleil & mer avant de revenir à Saint-Clément-des-Baleines. C'est sans doute la commune la moins connue de l'île, la plus récente aussi, créée en 1874 par la fusion de plusieurs hameaux. Elle n'a pas le charme de ses voisines des Portes ou d'Ars, mais respire la tranquillité autour de la placette du village et de l'église, Saint-Clément bien entendu. C'est là que nous retrouvons notre véhicule après 18 kilomètres de marche.
De là, nous repartons sur le continent, à Villedoux, où nous fêtons avec nos amis du cru la nouvelle année 2023 qui s'annonce.
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