Les Chemins du Marais
Première quinzaine de vacances estivales 2022 en Poitou-Charentes. Avec des excursions vers le Marais Poitevin. Une première nous emmène jusqu'à Marans, au nord de La Rochelle, l'entrée du Marais côté occidental, non loin de l'embouchure de la Sèvre Niortaise. Nous sommes quatre, en compagnie de ma cousine angevine et de son mari, à embarquer pour un petit trajet à travers les cours d'eau des environs : la Sèvre Niortaise donc qui zigzague au milieu des champs tandis qu'en parallèle, le canal de Pomère file droit devant. Ce sont eux que nous allons parcourir 2h30 durant dans un petit bateau à moteur, silencieux et lent, ne dépassant pas les 10 km/h afin que les sans permis bateau ne puissent jouer au hors-bord. La balade est d'autant plus calme qu'il n'y a quasiment aucune circulation sur le canal ou la rivière, pas de péniche transportant des marchandises vers ou depuis la mer, tout juste deux ou trois coquilles de noix comme la nôtre qui tracent leur route aquatique avec nonchalance. Au début, on apprécie cette quiétude et l'éloge de la lenteur, regardant négligemment les quelques fermes qui bordent l'onde, guettant le ragondin qui ne pointera pas le bout du nez, admirant une collection de nénuphars. Bon, après une heure et demie de ce rythme de sénateur à la retraite, on commence à s'ennuyer un peu à vrai dire, regrettant presque de ne pouvoir pousser le moteur un peu plus fort. Mais le ponton finit par apparaître pour nous signifier que la croisière est terminée. Cela ne vaut pas un tour du "vrai" marais mouillé, sur une barque, encerclés par les frondaisons, mais reste une balade agréable, surtout par cette chaleur.
Quelques jours plus tard, c'est de l'autre côté du Marais, un peu au-delà même, que nous allons rendre visite à un ami habitant Niort. Nous sommes d'abord invités à déjeuner dans le jardin de sa jolie maison un peu à l'écart du centre, à l'ombre pour se protéger du vigoureux soleil de ce mois de juillet. Puis il nous convie à visiter la métropole des Deux-Sèvres. Pour moi, Niort n'est guère que la capitale française des Mutuelles, guère plus. Je suis donc surpris de découvrir une ville riche d'un passé bouillonnant, bien plus intéressante qu'il n'y paraît de prime abord. La balade commence par le Port Boinot. Là, les anciennes usines de chamoiserie (la fameuse "peau de chamois" que vous utilisiez peut-être pour essuyer votre voiture) ont été converties en parc urbain, avec jardins aquatiques et ouverture sur le Marais Poitevin, que vous pouvez rejoindre directement depuis l'embarcadère. Il suffit de traverser la Sèvre pour trouver le vieux Donjon roman, avec ses deux massives tours qui dominent la cité et en constitue son emblème. Passant devant les Halles, on rejoint la place Victor Hugo, depuis laquelle monte une ruelle qui ouvre sur le Pilori, l'ancien Hôtel de Ville aves son beffroi, aujourd'hui lieu d'exposition. Une plaque y est l'occasion d'apprendre que Henri-Georges Clouzot, le metteur en scène du Corbeau entre autres, est natif de la ville. Tout comme Madame de Maintenon quelques siècles plus tôt. La rue Ricard nous amène ensuite à la vaste esplanade des Jardins de la Brèche, histoire de nous désaltérer sur une terrasse. En y passant, on est surpris de croiser plusieurs dragons monumentaux à la gueule dardée de crochets ophidiens, et dont le corps ondule sur le bitume ; on jurerait que Nessie a établi ses quartiers d'été à Niort. J'apprends donc la légende de ce serpent amphibie qui hantait le marais voisin, tué à coups de serpes par un courageux soldat déserteur, et ensuite gracié pour son exploit.
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