Schwarzwald & Strossburi
Traditionnel séjour alsacien pour passer voir la famille restée là-bas, mes parents au bord du Rhin, ma sœur au pied des Vosges. Mes parents n'étant plus très mobiles, c'est l'occasion de les cornaquer hors de leur résidence pour seniors et de les emmener Outre-Rhin. C'est comme souvent en Forêt Noire que nous nous rendons, tout d'abord pour déjeuner à Ulm, dans une brasserie Bauhöfer que nous connaissons : mauvaise pioche, c'est aujourd'hui jour férié en Allemagne (Frohleichnam) et l'établissement est pris d'assaut, pas l'ombre d'une place. Heureusement, notre plan B, un hôtel-restaurant d'Oberkirch, sis dans l'ancienne gare de la ville et où nous avions séjourné l'an passé, s'avère plus fructueux, et nous pouvons y prendre un repas très acceptable. La salle est ornée d'une immense carte du monde, l'occasion de faire sur le papier le tour de tous les lieux extravagants ou non, où mes parents impénitents voyageurs se sont rendus. L'après-midi est l'occasion d'un tour automobile sur les hauteurs d'Oberkirch, au milieu des vignes dans les vallons ondulants, et de nous arrêter à une guitoune en bois où des rafraîchissements sont proposés en libre service. Temps splendide, paysage magnifique, convives en forme et ravis de se balader ainsi, alles gut ...
Le surlendemain, je m'attaque à une ville que je connais sur le bout des doigts, puisqu'il s'agit de ma ville natale, où j'ai vécu 25 années durant. Cette fois, je me suis fixé un objectif très raisonnable, celui de faire le tour complet de l'île centrale de Strasbourg, le cœur de la ville enserré par deux bras de l'Ill, quelques kilomètres à parcourir sous ce chaud soleil de juin. L'Ancienne Douane aligne ses murs austères le long de l'eau, heureusement adoucis par une profusion de géraniums rouge. La jolie place des Tripiers est elle aussi inondée de fleurs, qui font échos aux façades colorées des hautes maisons qui jalonnent la place, au même titre que de curieux totems de bois. La rue du 22 Novembre, jadis vouée à une infernale circulation d'autos et de bus, désormais piétonnisée, est devenue un havre de tranquillité, amoncellement de tables de bistros et arbres ponctuant la chaussée. Le Tribunal Judiciaire, construit par les Allemands un peu avant 1900, vient d'être refait à neuf, avec une grande verrière qui illumine la cour centrale, tout en conservant les sphinx néo-égyptiens qui gardent les escaliers. Plus loin, quai des Pontonniers, le lycée international a remplacé l'école supérieure de jeunes filles, dans ce bâtiment de 1900, dressé au-dessus des eaux, orné de tourelles et hérissé de clochetons. La balade s'achève du côté de la Petite France, encore plus belle la nuit venue quand un éclairage discret vient mettre en valeur son grès rose.
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