Barcelone à la Saint-Jean



Le télétravail, cette nouvelle façon de travailler à distance avec des outils de communication, a modifié la manière d'interagir de beaucoup de travailleurs. La mienne aussi, bien que mon pain quotidien de consultant dans l'industrie pharmaceutique soit déjà depuis plusieurs années un accompagnement à distance des entreprises, avec cependant des contacts directs quand c'est utile. Je travaille ainsi depuis plus de deux ans pour une start-up espagnole, catalane devrais-je dire, basée à Barcelone. J'ai donc des contacts vidéo réguliers avec les employés de cette société, je connais leur tête, leur accent, leurs compétences, une fraction de leur intérieur même, mais sans les avoir jamais rencontrés en chair et en os. Le COVID semblant se calmer un peu ces derniers temps, et les voyages étant à nouveau plus faciles à organiser, ils m'ont proposé de venir les voir à Barcelone pour une revue de projet, et faire un peu plus connaissance. Me voilà donc à Orly pour prendre un vol Vueling direct jusqu'à l'aéroport El Prat. De là, un taxi m'emmène juste à côté du célèbre Camp Nou, le stade du Barça
, où se situe le campus du Parc Scientifique de la ville, et leurs bureaux. Une grosse demi-journée de réunions ce jeudi, l'occasion d'échanger avec l'affable patron de Som Biotech, sa francophone responsable scientifique (farouchement indépendantiste), qui a fait des études à Genève, une chargée de mission dynamique ou encore la secrétaire, fan de foot, surtout féminin. La fin de la journée est un peu rabotée car le lendemain vendredi est un jour férié, celui de la Saint-Jean. C'est en Espagne, et notamment en Catalogne, une grande fête, que mes hôtes m'engagent à aller vivre sur place le soir même, tout en m'engageant à la prudence car la foule est dense et les comportements parfois erratiques. Nous voici donc, en compagnie d'une collègue française également venue à cette réunion, en route pour le centre-ville. De là, nous rejoignons le bord de mer par les Ramblas. Nous poussons jusqu'à la Barceloneta, quartier populaire du port qui regorge de lieux pour manger et boire. Nous jetons notre dévolu sur une gargote sympathique, La Peninsular, où comme c'est la coutume, les tapas (de la mer) sont listés à la craie sur un tableau noir et visibles au comptoir, puis présentés un par un par une serveuse. Nous nous concoctons un cocktail de poissons, fruits de mer, légumes, sous différentes formes : c'est un régal, dans ce petit resto-bar couru qui n'est fréquenté que par des Barcelonais, toujours un bon signe. Une fois nos estomacs rassasiés, la soirée est bien avancée, et il est temps d'aller voir ce qui se passe sur la plage. L'ambiance est en effet festive, le boulevard en bord de mer et la plage sont noirs de monde, heureux de se retrouver après deux St-Jean annulées pour cause de COVID, ça boit et ça chante, c'est parfois déguisé, tandis que pétards et autres feux d'artifice claquent un peu partout. Je comprends les préventions de nos hôtes, il faut quand même faire attention à ne pas se trouver dans la trajectoire d'un pétard malencontreusement balancé par un fêtard éméché. Mais bon, ça va ! Nous apprécions la chaude atmosphère catalane un moment, guettant les feux d'artifice, officiels ou impromptus, qui jaillissent à tout moment à un endroit ou l'autre de la côte, avant de rentrer dans nos hôtels bien après minuit.

Je quitte mon confortable hôtel dans le quartier (Arya Stadium, carrer de Sants) plus tard que prévu pour aller me balader à partir de là, dans le quartier de Sants d'abord, passant devant la centenaire halle de Sants en brique, fermée en ce jour férié. Un peu plus loin, le Parc de l'Espagne Industrielle de conception curieuse, bassins d'eau verdâtre, élancements de tourelles rondes, gradins de béton, pas très beau, ni bien entretenu. C'est un ancien complexe industriel converti à l'occasion des Jeux de 1992 en Centre Sportif. Un peu plus loin, le Parc Joan Miro est plus attirant, avec sa gigantesque femme-oiseau, sorte d'œil perché qui veille sur les palmiers assemblés en-dessous. De là, les Arènes de Barcelone sont tout près, avant de monter à l'assaut de la colline de Montjuich et de son Palais National, qui pointe sa coupole au-delà des fontaines qui ponctuent les volées de marches pour y grimper.


Par l'avenue Miramar et les jardins de Laribal, je redescends dans le quartier de Saint-Antoine près du port, pour une pause déjeuner - tapas à la Tasqueta de Blai. Puis re-grimpette vers la colline de Miramar et son mirador, surplombant le port de commerce auquel elle est reliée par un téléphérique. L'on redescend alors vers le port, jusqu'à la Place de las Drassanes s'ouvrant sur les vagues - mobiles (immobiles) de Andreu Al faro.

Ma dernière étape me fait zigzaguer à travers le Barrio Gotico, passant par la fameuse Plaça Reial, avec sa fontaine, ses palmiers, ses bars, pour une dernière rasade catalane avant de reprendre métro, puis taxi vers l'aéroport, non sans avoir fait une escale shopping (turon et bellota) place de Catalogne, dans le grand magasin Corte Ingles.



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