Hermione et Demoiselles rochefortaises

Un "midweek" en solo à La Rochelle pour humer l'air de la mer. Je sors un jour de mes sentiers battus rochelais pour aller faire un saut en Intercités, à une vingtaine de minutes seulement, jusqu'à la ville voisine de Rochefort. Quand on parle de cette ville, si l'on est un tant soit peu cinéphile, on pense tout de suite à ses fameuses Demoiselles chères à Jacques Demy. Et cela tombe bien, car la ville organise ces jours-ci, à l'occasion des 55 ans du film et sous l'impulsion de Julie Gayet, des Rencontres professionnelles autour de la musique et de l'image, alias le Festival des Sœurs Jumelles, évidemment... A côté de manifestations plus ou moins pointues, master classes, tables rondes et avant-premières, destinées aux pros d'abord, des panneaux rappellent le fameux film qui date de 1967. Devant la mairie sur la place Colbert, puis devant chaque lieu emblématique du film mettant en scène Catherine et Françoise, du Grand Bacha à L'Alhambra, jusqu'au Pont Transbordeur sur la Charente plus loin du centre, revit le duo intemporel des deux sœurs, tandis que je m'amuse à suivre l'itinéraire proposé, et en même temps à découvrir Rochefort sous un soleil resplendissant.

 

Il est aujourd'hui une autre raison pour laquelle Rochefort est connue, c'est l'Hermione, puisque son port d'attache est justement situé dans le port de la ville. Quand j'arrive, point de Hermione dans son bassin-refuge, mais j'apprends inopinément qu'elle doit rentrer dans l'après-midi d'une sortie sur l'Atlantique voisin, du côté de l'île d'Aix. Sur le port, une foule nombreuse attend déjà le retour du navire prodigue, jumelles et appareils photos en bandoulière. Je marche un peu vers le Sud le long de la Charente pour trouver une jetée un peu moins courue, où je devrais être aux premières loges pour voir passer le majestueux 3-mâts. Des habitués sont déjà là, qui partagent un brin bravaches leurs expériences passées, en aficionados "hermionesques" : sa construction, sa première sortie, son retour des Amériques. Pour rien au monde ils ne rateraient une sortie ou un retour au bercail ! Pour moi, c'est tout nouveau bien entendu, et voici déjà le fier navire qui s'approche, repérable de loin avec ses grands mâts qui émergent des hautes herbes. Précédé d'un remorqueur, suivi d'une ribambelle de petits bateaux, il défile hautain devant les badauds esbaudis, son équipage saluant avec un rien de condescendance les pauvres terriens que nous sommes. Un peu plus loin, le voilà arrivant à son point d'attache. Un cérémonial bien huilé le laisse envoyer une bordée d'une dizaine de coups de canon, avant de se glisser dans son étroit bassin.


Je quitte la foule massée autour de l'Hermione pour tranquillement rejoindre la gare, longeant les 374 mètres de la Corderie Royale, désormais une médiathèque flanquée de boutiques, puis le port de Plaisance habillé de cascades de lettres blanches qui semble se déverser sur les quais.





Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque