Lascaux IV, un sacré numéro
Lascaux IV, voilà une numérotation qui a des airs de navette spatiale ou de souverain ! Si tout le monde connaît Lascaux, la Mecque de l'art rupestre en Périgord (et dans le monde), ce chiffre romain qui lui est accolé peut surprendre. Sauf si vous savez que la fameuse grotte, découverte en 1940, visitable dès l'après-guerre, fut fermée au public en 1963, du fait de la prolifération d'algues sur ses parois. Cette grotte originelle, affublée ensuite du suffixe "I", n'est plus ouverte qu'à quelques scientifiques triés sur le volet, mais un fac-similé de ladite grotte, Lascaux II, est ensuite créé et ouvert au public en 1983, et existe encore aujourd'hui. On lui a ajouté en 2016 une seconde copie, Lascaux IV, plus complète (l'ensemble de la grotte est désormais copié), plus moderne, plus spectaculaire, qui a attiré en quelques années 1 million de visiteurs. Et quid de Lascaux III me direz-vous, observateur ? C'est une exposition itinérante, voyageant dans le monde, à travers des panneaux transportables de faible poids, qui a fait découvrir Lascaux en Europe, mais aussi au Japon, aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud.
C'est donc Lascaux IV que nous allons découvrir, une journée pluvieuse de fin mai étant le bon choix pour aller nous "enterrer" dans cette grotte de surface. C'est avec un groupe, trop nombreux, et sous la conduite d'un guide un peu approximatif, que nous entrons dans la "grotte" artificielle, mais reproduite à l'exact identique, pour passer dans les différents boyaux, avec les fameuses peintures tout autour de nous. Le sentiment est mitigé : même si les reproductions sont impeccables, le fait de savoir que les "vraies" œuvres sont bien cachées à quelques centaines de mètres gâche un peu le plaisir. Ce qui n'empêche pas d'admirer la salle des Taureaux ou la frise des Cerfs dans leur cadre naturel ... mais pas tout à fait. En l'absence des animations 3D habituelles - la crise sanitaire est aussi passée par là -, nous n'aurons ensuite qu'une reproduction bis, plus accessible, des peintures les plus connues, avec une animation visuelle insistant sur certains points, qui permet de mieux appréhender celles-ci ; un bon complément de la visite "in situ". Un mot pour finir sur le site lui-même, discrètement inséré dans le flanc de la montagne, il s'inscrit dans l'environnement végétal, la forêt derrière, un bloc de béton pour accueillir les visiteurs, et un bel espace végétalisé devant.
Un dernier mot sur le village voisin de Montignac, établi sur la Vézère, que l'on néglige souvent pour aller directement vers le site archéologique, mais qui mérite un détour. Pour flâner le long de la rivière ou dans les ruelles entre les vieilles maisons à colombages ou sur pilotis.
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