Au fil de la Dordogne

Encore et toujours des vacances françaises en ce mois de mai 2021. Le virus recule, mais les frontières restent opaques. Depuis notre base navale rochelaise, une petite étape direction le sud nous emmène jusqu'en Dordogne pour une semaine. Un joli gîte à Anesse, sis sur les bords de la rivière Dordogne nous accueille pour un séjour d'abord frais, puis profitant d'un thermomètre un peu plus alerte. Les vélos laissés à disposition dans le gîte nous permettent de tâter de la piste cyclable qui longe la rivière, commençant par un pont surdimensionné, payé par l'Europe, pour nous mener en sinuant le long de l'eau. Premier arrêt à Saint-Astier, joli petit village en descendant la Dordogne : place du village et son marché du jeudi, quelques restos à terrasse tous bondés en ce jour de marché, quelques maisons à pan de bois et une église fortifiée, du sympa et du classique qui fleure bien la France profonde. Sur la route menant au village, encastré sous une falaise calcaire, le centre national d'entraînement de la Gendarmerie draine uniformes et képis, pour amener une touche moderne à l'ensemble.

Périgueux n'est qu'à une vingtaine de kilomètres de là, la préfecture du département est donc une destination obligée pour nous autres touristes ordinaires. Le chemin à travers la banlieue, en voiture, puis à pied, est bien maussade : zones commerciales anonymes, vilaines façades décrépites, tristes routes et parkings. Et puis tout change lorsque l'on arrive dans le centre historique, le piéton prend le pouvoir dans les ruelles étroites bordées de maisons multi-centenaires, des placettes arborées aux cafés renaissants s'insèrent ici et là, alors que l'on foule les pavés d'une ville médiévale coquette et authentique. le marché devant la cathédrale donne envie de tout goûter. La cathédrale Saint-Front, avec ses coupoles, ses 23 clochetons et son style oriental, a des airs de Sacré-Cœur, normal puisqu'elle servit dit-on de modèle pour la meringue parisienne. Plus bas, c'est la, ville gallo-romaine que l'on croise, la tour de Vésone du Ier siècle et le jardin des arènes, où de mystérieux reliefs de l'amphithéâtre romain surgisse de la végétation, fantômes du passé se glissant dans la ville moderne.

 

Une autre excursion nous emmène plus au sud, toujours longeant la Dordogne, jusqu'à Mussidan où mon épouse a des origines familiales. Dieu que cette ville est triste : depuis que la route départementale contourne le centre, tous les commerces semblent péricliter. Magasins fermés à double tour, vitrines envahies par la poussière, crépis en voie d'écaillage, tout respire l'abandon et le renoncement. Et pourtant la ville a une histoire, qui fait revivre le musée des "Arts et Traditions Populaires du Périgord", créé par un notable local, le médecin André Voulgre, qui fait revivre les temps plus anciens et plus heureux, dans une belle chartreuse du XVIIIème. Ses nombreuses salles regorgent d'informations et d'objets traditionnels, ayant trait à tous les domaines, et racontant la vie d'antan, avec un brin de nostalgie. Nous sommes (hélas) seuls pour visiter 1h30 durant ce lieu, sans oublier le patio et le grand jardin devenu le parc de la ville, avec ses maisons doubleaudes à pans de bois. Une bonne raison de (quand même) s'arrêter à Mussidan.







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