Tiens, le chemin de Saint-Jacques de Compostelle traverse la forêt quelques dizaines de mètres du gîte rural que nous occupons pour la semaine, un peu perdu au-dessus des gorges du Lot, du côté de Campuac. Nous allons donc tester nos compas sur quelques tronçons de la fameuse via Podensis, qui relie Le Puy jusqu'à la côte Atlantique espagnole. Un joli trajet pour nous échauffer, jusqu'au village voisin de Golinhac, à travers bois, longeant les prairies, passant devant des troupeaux paissant tranquillement, sur un joli sentier ombragé, parcouru par quelques pèlerins, et même une famille entière accompagnée d'un âne porteur.
Maintenant que nous sommes chauds, il est temps de parcourir une étape complète dudit chemin. Ce sera entre Espeyrac et Conques, une "petite" marche d'une quinzaine de kilomètres, en laissant une voiture au point de départ et une autre à l'arrivée. Chemin sans difficulté, avec quelques raidillons quand même ici et là, la traversée de quelques villages, dont Senergues avec sa mignonne église et son château, des portions de route aussi, pour enfin descendre à travers la forêt jusqu'à Conques. L'arrivée est magnifique, on arrive par le haut, parcourant les rues médiévales rustiques, restées dans leur jus depuis une éternité, surplombant l'abbatiale.

Même si c'est la troisième fois que je visite Conques, c'est toujours la même émotion que de s'y mouvoir, de sentir le poids du passé, dans un mélange de simplicité et de solennité. Si l'abbatiale en est bien évidemment le point d'orgue, le parcours des ruelles, surtout en fin d'après-midi quand les visiteurs de jour sont partis, est un enchantement : chaussée pavée, demeures d'antan, jardins fleuris, escaliers escarpés, portes étroites, on est transporté des siècles en arrière. A côté de l'église, le cloître, tout simple avec sa galerie unique et son puits central, offre une oasis de tranquillité sous l'ombre tutélaire de l'imposante abbatiale qui le domine. Enfin l'église abbatiale elle-même en impose à tous : croyants, pèlerins, touristes, on se sent écrasé en y pénétrant, les vitraux de Soulages filtrant les photons célestes et diffusant une lumière douce et insistante sous la nef. Le soir venu, l'ambiance change encore, un éclairage discret détachant les découpes de l'église sur le ciel à l'heure bleue, un mince croissant de lune ajoutant sa discrète touche pour finir le tableau. Nous aurons même la chance d'assister à un concert d'orgues à la fin de notre visite.


Commentaires
Enregistrer un commentaire