Les oliviers du Gargano

La seconde étape nous emmène, toujours dans les Pouilles, vers le promontoire du Gargano. Notre agriturismo est en pleine cambrousse, au bout d'un chemin de pierre qui zigzague entre les oliviers, pour nous amener à une grande bâtisse au milieu des arbres, la mer Adriatique au loin. C'est Lucia qui s'occupe, toute seule ou presque, de tout. Trois grandes chambres dans les étages, aux murs faits de grosses pierres, et une immense cave voûtée en bas, où sont servis petit déjeuner et repas du soir. Nous y dînons le premier soir. Tout est bien entendu fait maison par Lucia, produits frais venant du jardin bien entendu. Les plats défilent dans nos assiettes, toute la farandole italienne, antipasti - primi piatti - secondi piatti - dolce, et plus encore. Nos estomacs crient vite grâce, et pourtant tout est délicieux, de l'authentique cuisine familiale, comme ces "melanzane" (aubergines) a la parmigiana. Les échanges sont compliqués avec Lucia, qui ne parle qu'italien, et pense - à tort - que nous maîtrisons comme elle cette langue. Le fils de la maison, que nous voyons le dernier jour, nous explique que c'est l'Union Européenne qui a subventionné leur propriété et ses plus de 2000 oliviers, mais que la vie est dure et la concurrence vive. Le tourisme permet de mettre du beurre dans les épinards, mais l'huile d'olive reste leur principal moyen de subsistance : ils essaient de vendre à l'étranger et c'est compliqué ; pourtant leur huile est délicieuse, nous en ramènerons un peu.



A partir de cette base, visite du Gargano. Versant mer, avec un passage par Rodi Garganico, bourgade tranquille de bord de mer, calme et un peu ennuyeuse. Et puis plus loin Peschici, davantage courue, perchée sur un éperon rocheux, surplombant une grande plage aux parasols alignés à l'italienne. La vieille ville aux ruelles étroites regorge d'échoppes à touristes, quand ceux-ci remontent du bord de mer. Dès les remparts franchis, la vraie ville vire à l'italienne, authentique, vivante, sympathique, avec cette ambiance inimitable qui rend l'Italie si sympathique (malgré les vicissitudes politiques actuelles, Salvini and co).


Autre sortie à l'intérieur des terres, histoire de chercher un peu d'ombre et de fraîcheur, alors que l'été bat son plein. La Foresta Umbra est une futaie de hêtres et d'autres espèces, qui est aménagée pour extirper une fraction de plagistes de leur coin de mer surpeuplé. De l'argent (européen comme souvent) a été investi dans l'endroit, mais le résultat est assez bizarre. Les sentiers balisés sont bordés de kilomètres de barrières en bois, qui ne servent de fait à rien - nul besoin de s'y tenir pour avancer ! Par contre, les nombreux panneaux indicateurs plantés à intervalles réguliers sont vierges de toute indication de lieu ou de destination - il vaut mieux disposer d'un plan pour se balader. Est-ce à cause de cela qu'il y a peu de monde sur les sentiers ? Sans doute pas, les Italiens qui ont quitté le bord de mer se retrouvent surtout dans un restaurant - bar, une aire de pique-nique, une maison forestière et son enclos de daims. Mais la balade, sans être spectaculaire, est sympa et rafraîchissante.



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