Bari la discrète

Lorsque l'on parle des Pouilles, le talon de la botte italienne, on pense rarement à Bari, sa plus grande ville, un peu excentrée sur la côte nord, et considérée comme une métropole industrielle sans grand intérêt. Tant mieux, que les foules restent à l'écart, se concentrant sur Rome ou Florence, et que ce petit diamant pas complètement poli reste encore à l'écart des grandes transhumances estivales.

Il y a de fait 2 Bari à visiter : l'ancienne, enserrée dans les habituels remparts, et une plus récente, bourgeoise, bordée de beaux bâtiments. C'est par celle-ci que nous commençons au sortir de notre B&B. Une avenue bordée de luxuriants lauriers blancs et roses donne le ton, rien d'ostentatoire ou de luxueux, simplement une rue ordinaire qui s'offre à peu de coût un habillage de couleurs. Nommé Bari Murattiano, en hommage au maréchal napoléonien Murat qui le conçut, le centre moderne en damier aligne le long du Corso Cavour et d'autres avenues, les palmiers, les palais, les parcs, les théâtres, dans des styles variés, une pompe barésienne que l'on n'attendrait pas ici, qui démontre si besoin était le croisement des influences au fil des siècles, et la place qu'a pris la ville aux XIXème et XXème siècles, restant le grand port de l'Adriatique.




Le Bari Vecchia est un peu plus au nord, sur un promontoire. Là, ce sont les églises qui se voisinent à qui mieux mieux. Parmi elles, la Basilique de San Nicola, qui attire surtout les pèlerins orthodoxes, venus d'Europe de l'Est, qui n'ont guère bonne réputation ici. Pas surprenant quand nous observons dans un resto le comportement d'un couple de Russes à la table à côté, goujats méprisants, vis-à-vis des serveurs notamment. L'autre lieu de culte est la cathédrale San Sabino, style roman et façade monolithique de pierre blanche, qui pourrait attirer des amateurs d'escalade urbaine vu sa verticalité. 


Au hasard des ruelles, on tombe sur celle des "orecchiettes", où ces pâtes typiquement pugliesques, sont fabriquées à la main, en pleine rue, par quelques mamas du cru. Le soir venu, sur le chemin de ronde qui longe la mer, c'est l'heure du passeggiata, cette rituelle promenade, en groupe ou en couple, souvent une "gelati" en main, qui fait prendre le frais avant le repas du soir.


Une excursion extra-barésienne nous emmène vers Polignano a Mare. Nous ne sommes pas seuls en ce dimanche après-midi. Une bonne partie de la population de Bari semble s'y être donnée rendez-vous pour faire trempette en cette chaude fin juillet. Mais le charmant centre historique surplombant la mer au-dessus de falaises blanches, est bien plus agréable que les plages bondées plus bas.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque