Naples d'en haut

Première excursion de l'année du côté de Naples en cette fin du mois de janvier. Lorsque l’on parle de la grande ville du Mezzogiorno italien, on pense à Naples la populaire, aux ruelles étroites, au linge pendu aux fenêtres, à la Camorra et aux pickpockets. Ce que l’on sait peu, c’est que Naples, comme toutes les grandes villes, a aussi ses beaux quartiers, et comme souvent, c’est sur les hauteurs et en bord de mer que les rues s’élargissent, que les immeubles s’embourgeoisent et que le bruit décroît. C’est du côté du Castel Sant’Elmo qui me mène un funiculaire pour aller profiter de la vue sur la baie de Naples depuis les hauteurs de la ville : une vue panoramique extraordinaire sur la mer, le Vésuve, la presqu’île de Sorrente, les îles de Capri et Ischia, et tous les quartiers de la ville. De plus, le château lui-même, vaste et bien aménagé, ceints de murailles et d’un chemin de ronde, avec même un petit musée d’art moderne en ses murs, est un petit village en lui-même, un îlot perché au sommet de la ville. 

En redescendant de ce perchoir, les beaux immeubles des pentes alentours annoncent le quartier chic du Vomero, avec des écoliers bien propres sur eux, une circulation automobile limitée, de larges avenues bordées de confortables commerces, on est bien loin de l’image d’Epinal de la ville. Après les jardins de Floridiana, peuplés de chats sauvages, mais guère farouches, on rejoint le bord de la mer par des volées d’escalier. Une promenade style Riviera, bien loin des clichés napolitains, sur laquelle la villa Pignatelli offre ses colonnades blanches en contrebas des maisons colorées perchées sur les hauteurs. Un style éclectique pour de vastes pièces élégamment meublées, et aussi un étage consacré à une belle exposition de photos de maîtres en noir et blanc, une bonne manière de s’abriter des trombes d’eau qui ont commencé à se déverser après une belle matinée. 
 

Retour par le Lungomare désormais piéton (comme pas mal de secteurs du centre de la ville, bonne surprise !), alors que le soleil réapparaît à l’ouest pour illuminer de tons chauds les façades des hôtels de luxe du bord de mer. Le soir, changement de décor pour aller dîner dans les Quartieri Spagnoli, dont les premières ruelles regorgent de restos, de la gargote rustique aux trattorias plus cossues. Chez Nennella, c’est une ambiance napolitaine typique : une armée de serveurs en veste rouge, plaisantant, chahutant, parlant fort, embrassant les habitués, une carte simple et bon marché, des ribambelles de photos sur les murs ; on se sent un peu embarrassé en tant qu’étranger, comme un importun dans une réunion de famille, mais à vrai dire, on semble transparent pour les locaux.







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