Le Solitaire du Ritz
Le Solitaire du Ritz ! Voilà qui ferait un bon titre de policier, n'est-ce pas ? Il s'agit de fait de deux de nos dernières étapes en terre namibienne. Nous avons fait un premier arrêt à Solitaire à l'aller en nous rendant vers la route des dunes, nous réitérons au retour : c'est de toute façon la seule étape digne de ce nom dans les environs, l'endroit où faire le plein de carburant, de se dégourdir les jambes ou de prendre un café. Cet endroit improbable, au nom francophone décerné par une Néerlandaise qui avait judicieusement noté l'isolement des lieux, est un must sur la route du Sud, et tout le monde fait une pause ici. Pour ses carcasses colorées de voitures qui parsèment l'entrée, ou encore pour sa boulangerie : on y vient pour manger ... de l'apfelstrudel (entre autres), puisque ladite boulangerie cuit et vend ses gâteaux, goûteux qui plus est, aux affamés de passage.

Le ventre bien rempli, nous reprenons la piste du nord pour repasser le Tropique du Capricorne. Juste à côté se situe le lodge de Rostock Ritz, un drôle de nom - consonance germanique comme il se doit - qui cache un endroit au charme fou. Une piscine qui offre une vue imprenable sur le panorama alentour, une nouvelle fois magnifique ; des cases en forme d'hémisphères ; un restaurant pas mal du tout, et des balades dans la rocaille environnante pour aller voir les horizons namibiens une dernière fois, puisque nous sommes en mode farniente pour cette avant-dernière halte. L'occasion d'expérimenter un orage dans le désert puisqu'après la pluie régulière à Etosha, nous subissons cette fois un déluge venu du ciel dans un désert réputé pour sa sécheresse : le soir venu, le ciel se charge de nuages rougeoyant, des ondées violentes se déversent sur le lodge, inondant nos bungalows, et nous contemplons fascinés le spectacle polychromatique et polyphonique qui s'offre à nous. Supplément gratuit le lendemain en repartant vers le nord, la pluie déversée à torrents a généré en quelques heures un verdissement éclair du désert, qui contraste joliment avec l'éternel ocre des lieux.


Dernière étape pour rejoindre le lac artificiel de Rehoboth avant de reprendre l'avion. La piste monte et descend dans la montagne, au milieu des fleurs et des pousses vertes, nous ne croisons pratiquement personne sur ce trajet atypique, à l'écart des axes touristiques, et pensons profiter du dernier après-midi dans un endroit prisé des habitant de Windhoek ; quand nous arrivons, l'endroit grouille ce samedi de Namibiens (blancs et sportifs) qui y achèvent un triathlon. Nous avons à peine le temps de nous installer dans notre grande cahute donnant sur le lac, que le ciel refait des siennes, dans une curieuse lumière rosée : il pleuvra tout l'après-midi et la soirée, histoire de ne pas trop nous faire regretter de quitter ce pays attachant, fascinant, envoûtant, que nous quitterons le lendemain matin direction Paris via Johannesburg.





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