Centre Var, de la Plaine des Maures à l'abbaye du Thoronet
Continuons notre virée pré-pascale dans le Var, nous écartant cette fois des rives méditerranéennes. J'avais vu il y a quelque temps une émission (des Racines et des Ailes) proposant un sujet alléchant sur la plaine des Maures, et sa "savane africaine". Nous nous installons donc au Cannet-des-Maures pour aller parcourir, à pied bien entendu, ladite "savane", récemment promue Réserve Naturelle. C'est un vaste espace, une sorte de cuvette, entourée par des massifs alentours, et notamment le Massif des Maures au sud. La terre y est rouge, on dirait en effet de la latérite. Cours d'eau et mares, un lac de retenue aussi, complète un air africain. L'on s'attendrait presque à voir les fauves venir boire le soir au coucher du soleil, rejoindre buffles et gazelles autour des points d'eau. Mais de faune, macache : les lieux sont même étonnamment calmes, aucun oiseau à l'horizon, encore moins de mammifère, à peine quelques discrets insectes. Et comme les marcheurs sont très rares une fois les sentiers proches du point de départ dépassés, on se meut dans un environnement étrangement figé, minéralo-végétal, un peu hors du temps. La grande boucle de rando, 18 kms, 5 heures, est facile (terrain plat), agréable (au calme), alternant forêts de pins et pseudo-savane, et reposante. Manque quand même un peu de piment pour la rendre vraiment particulière.
Un peu plus au nord, Le Thoronet et son abbaye cistercienne nous apporte le supplément d'âme qui manquait à la plaine susdite. Cette abbaye du XIIème, l'une des sœurs provençales (en compagnie de celles de Sénanque et Silvacane), se niche discrètement au creux d'un vallon, c'est à peine si on la devine depuis la route. Dès que l'on entre, on est pris de court par la flamboyante austérité des lieux. Des arches se croisent, les colonnes et oculi du cloître filtrent la lumière de midi, la fontaine (lavatorium) se dresse fièrement et la salle capitulaire semble encore bruire du murmure des moines. Le passage par l'église est l'occasion de tester son extraordinaire acoustique, à tel point que l'on se demande aujourd'hui quelles connaissances, empiriques sans doute, pouvaient bien avoir ses concepteurs du XIIème. Notre guide, pourvue d'un bel organe, chante en se déplaçant dans le transept de l'église, et ses notes se réverbèrent, se prolongent, se superposent, laissant nos oreilles ébahies.

Autre arrêt varois à Carcès, petite ville sise non loin de là. Tuiles vernissées, peintures murales, la ville fait de vrais efforts pour tordre le cou à la tristesse d'autres villes assoupies et déprimantes des environs, telle Brignoles. Une jolie balade nous emmène le long d'étroits canaux d'irrigation (on dirait des levadas de Madère) jusqu'à une série de vertes cascades, qui n'ont que peu à envier à celles du Costa Rica. Plus loin, plus haut, le chemin longe le lac de Carcès, offrant un vue panoramique sur la retenue qui alimente le Haut-Var en eau.







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