Les possibilités des îles

Si j'emprunte mon titre à Michel Houellebecq, auteur à la fois intéressant et irritant, c'est que je viens de lire son roman "La possibilité d'une île" qui se déroule - en partie du moins - à Lanzarote (tiens, tiens ...), mais aussi parce que je feuillette en ce moment un autre bouquin, un "Atlas des Iles Abandonnées" (Judith Schalansky, Arthaud), un livre original qui parle de ces îles perdues au milieu de nulle part, au milieu de l'immensité solitaire d'un océan. Tout d'abord un bel objet au look rétro, une couverture bleu pastel, une reliure toilée noire, une typographie à l'ancienne. A l'intérieur, après une préface un peu ampoulée, mais brillante, de Kersauzon, l'auteure nous emmène dans un monde de cartes et d'histoires, à travers une cinquantaine d'îles perdues au fin fond des terres habitées. Reviennent à ma mémoire les minuscules points noirs sur fond bleu que, gamin, je rencontrais sur l'Atlas qui ne me quittait jamais, avec des noms improbables, parfois excitants, d'autres fois curieusement banals, et je m'imaginais là, une île à la végétation délirante, ici une autre glaciale et minérale, là encore un atoll au lagon turquoise de rêve - puisqu'à cette époque, Internet n'existait pas pour vous visualiser instantanément un endroit, et que ces lieux mystérieux restaient nimbés d'une aura magique. Clipperton, île de la Déception, Pitcairn, Bouvet, des noms oubliés reviennent à ma mémoire. Pour chacun d'entre eux, 2 pages : celle de droite qui décrit l'île, ses noms, sa situation, ainsi qu'une anecdote, réelle ou imaginée, la concernant ; celle de gauche, une carte, mais pas une bête carte Google Maps, une carte redessinée pour la circonstance, dans des tons toujours pastel jaunes et bleus, fascinante avec ses circonvolutions, ses reliefs, et ses noms de pointe, de rivière, de pic,
de lieux habités parfois, les lire en faisant le tour de l'île revient à parcourir un poème tout en titillant son imagination à chaque mot abordé. Sur l'île de la Possession se répondent ainsi la vallée des Branloires, le cirque aux Mille Couleurs, les rochers de la Fortune ou encore la pointe Max Douguet (sic) et la baie de la Hébé : jouissif !

Bref, comment voyager tout en restant sagement assis dans son fauteuil, tant il est vrai que se balader par monts et vaux s'apprécie bien plus quand on prend le temps d'une pause entre 2 avions, que l'on s'assied à son bureau pour préparer un voyage, ou que l'on compile les impressions, écrites, photographiques, documentaires, recueilli au cours de celui-ci. Mais j'y reviendrai prochainement.
En tout cas, je vais devoir créer un mot-clé "voyage immobile" ou quelque chose de ce genre pour ces pages que j'écris narrant une balade sans bouger, à travers des livres, ou d'autres médias.

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