Saintes honorée
Saintes honorée ... de notre présence. Depuis plus de 3 ans que nous sommes semi-rochelais, nous n'avions pas eu l'occasion d'aller rendre visite à la seconde ville du département, capitale du Saintonge, Saintes l'antique. Un petit saut en TER (1 heure), nous voilà rendus. Déjeuner rapide dans un bon thaï près de la gare (Sukhothai), et nous sommes fin prêts pour rejoindre l'autre rive de la Charente. C'est là que se trouve le quartier Saint-Pierre, autour de la cathédrale du même nom et de la place du Marché. Il faut grimper un peu et remonter la colline pour aller voir la Basilique Saint-Eutrope, réputé chef d'œuvre de l'art roman local, auquel on ne pense pas immédiatement en voyant la flèche gothique flamboyant ou le chœur gothique lui aussi. C'est l'église basse, la crypte, la partie la plus ancienne (1081), qui lui vaut sa réputation. L'une des plus grandes cryptes romanes d'Europe, avec ses piles massives, et ses chapiteaux sculptés de motifs végétaux. Au milieu trône un cénotaphe en mémoire de Saint-Eutrope. Le tout est éclairé avec sobriété, dans une lumière qui magnifie l'ambiance crépusculaire des lieux.
De là, il faut emprunter le Vallon des Arènes pour rejoindre l'amphithéâtre romain, un peu à l'écart. Celui-ci rappelle que Saintes fut la capitale de la province de Gaule Aquitaine au début de notre ère, quand l'empereur Auguste fit construire ces arènes. Elles présentent la particularité de s'insérer dans un vallon pour limiter les travaux, et donc donne l'impression d'être creusées dans le sol. Après trois siècles d'emploi, l'amphithéâtre tombe dans l'oubli et se comble progressivement, étant utilisé comme carrière pour d'autres constructions dans la ville. Ce n'est qu'au XVIIIème siècle qu'il va être dégagé et remis en état, même si au fil des années, d'autres travaux seront souvent nécessaires. En ce moment même, un nouveau programme de réfection a commencé et des bâches couvrent une partie du site. Ce qui ne l'empêche pas d'être séduisant, notamment grâce à ce mélange rare de verdure et de pierre, cette combinaison du minéral et du végétal, qui le rendent différent de beaucoup d'autres lieux similaires.
Nous revenons par le centre de la ville, et notamment par la médiathèque, enchâssée dans l'ancien Couvent des Jacobins, avec son jardin et ses remparts, un lieu unique. Nous traversons la Charente pour revenir sur la rive droite. Là nous attend un autre joyau de la ville, le majestueux Arc de Germanicus (an 18) avec ses deux arches, tandis que juste à côté, une série de colonnades nous guident vers le musée d'Archéologie local. Le quartier Saint-Pallais est plus discret, mais renferme quelques vieilles maisons intéressantes.
La magnifique Abbaye aux Dames est ancienne abbaye bénédictine convertie en cité musicale, accueillant spectacles et festivals. La façade occidentale de l'église abbatiale est un condensé magnifique de l'art roman, avec sa façade-écran tripartite et le portail à quatre voussures. Derrière, les spacieux bâtiments conventuels laissent imaginer l'activité des lieux à leur grande époque. Cet ensemble somptueux se visite avec un audio-guide musical, qui accompagne les explications d'extraits de musique classique et sacrée, et nous en apprend aussi beaucoup sur la musicalité de la voix humaine et comment elle était considérée et utilisée au fil des siècles. Pour finir cette riche visite, l'on se laisse entraîner dans le Carrousel Musical, un manège dans lequel les néophytes tentent de composer à l'aide d'instruments, piano par exemple, une partition. La machine récupère les "bruits" produits pour essayer d'en faire quelque chose de plus ou moins harmonique, qu'elle restitue au final. Bon, le résultat n'est pas brillant quand on n'a aucun sens musical, mais c'est amusant de se prendre pour un musicien et un compositeur.
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