De Bibracte au Creusot, contrastes

Depuis notre base de Millay dans le Morvan, nous explorons le passé, ancien et plus récent, des environs. L'ancien d'abord avec le site de Bibracte au Mont Beuvray, le principal site gaulois sur notre territoire. Ce fut au début de notre ère un oppidum des Eduens où habitèrent jusqu'à 10.000 personnes à une époque, qui tomba progressivement en désuétude, le centre de gravité local s'étant déplacé jusqu'à la ville romaine voisine d'Autun. Ce n'est qu'au XIXème siècle que des fouilles commencèrent, vite stoppées, et dans les années 80 qu'elles reprirent de manière plus approfondie, en utilisant des techniques modernes. On se gare au bas de la montagne pour monter à travers bois vers le sommet où sont regroupés les restes de la ville. On tombe d'abord sur les remparts et la Porte du Rebout, reconstruction du mur gaulois de 20 mètres de large et 40 de profondeur. Mais ces remparts sont multiformes, constitués de pas moins de 5 niveaux différents de réfection, le plus ancien remontant au néolithique. En continuant après la porte, l'on tombe sur le quartier artisanal du Côme Chaudron, des fondations sur lesquelles se sont ensuite ajoutées une basilique romaine ainsi qu'une église franciscaine plus récente.

Repartant dans la forêt qui couronne le sommet, l'on profite de belles vues sur le Morvan alentour, en passant par l'une des nombreuses sources du lieu, aménagée en fontaine Saint-Pierre. D'étonnants arbres aux formes tortueuses, les "queules", apparaissent ça et là, vestiges de haies tressées qui clôturaient des pâturages aux siècles passés. De l'autre côté, un vaste espace herbeux offre d'autres perspectives vers l'est et Autun dans la vallée, à côté de la Chapelle Saint-Martin et de sa croix stylisée.




On se tourne ensuite vers un passé beaucoup plus récent, un peu plus au sud, au Creusot. La ville elle-même n'est guère folichonne, des maisons banales, des immeubles tristes, curieusement aucun centre ville avec les habituels commerces, juste un quartier moderne autour de la récente gare TGV. Pour y trouver un intérêt, il faut s'arrêter au Château de la Verrerie, demeure de la famille Schneider qui fut à l'origine de la vocation industrielle, mécanique et sidérurgique, de la cité. Cédé à la ville en 1969, ile château a été transformé en écomusée retraçant l'histoire récente de la famille et des lieux. On est accueilli à l'entrée par les étonnantes silhouettes tronconiques de deux anciens fours de fusion du verre, dont l'un a été transformé en Petit Théâtre que l'on peut visiter. De style XVIIIème, inspiré du Petit Trianon de Versailles et équipé de mécanismes sophistiqués, il accueillit nombre de visiteurs de marque du temps des Schneider.

L'ancienne cristallerie royale devenue résidence familiale abrite désormais le Musée de l'Homme et de l'Industrie qui retrace l'histoire imbriquée des Schneider et de la ville du Creusot. Un musée quasi désert, peut-être de par l'effet du Pass sanitaire obligatoire désormais pour le visiter, que nous dégainons pour la première fois à l'entrée. Derrière le bâtiment, le grand parc, gardé par quelques canons vert-de-gris, est devenu le poumon vert de la ville et accueille démocratiquement ses habitants. A l'entrée de celle-ci, le Marteau-Pilon le plus puissant du monde avec ses 1300 tonnes pour 21 mètres de haut accueille le visiteur, au milieu d'un carrefour où il peine à trouver sa place, heureusement en train d'être modifié pour lui rendre l'hommage au génie mécanique qu'il mérite.

Dernier arrêt dans Le Creusot pour une des cités ouvrières qui logeaient la main d'œuvre de l'époque. La Combe des Mineurs au nord de la ville est la mieux préservée, qui abrite aujourd'hui encore des habitants logés par la ville dans ces HLM particuliers. De petites maisons le long d'une pente, flanquées de leur jardinet, dans un quartier à l'écart, fleurent bon la quiétude et la bonhomie. Un des habitants nous observe d'abord du coin de l'œil, puis est ravi de nous parler  de son home sweet home dont il apprécie la tranquillité.





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