Yerres à Paris (et demain ?)

Le second confinement relâche un peu sa pression. Nous avons désormais droit à 20 kilomètres de liberté surveillée, que nous mettons à profit dès le premier week-end pour jouer aux rats des villes, et des champs. Des champs d'abord le samedi pour aller marcher le long de l'Yerres, à la limite de l'Essonne et de la Seine-et-Marne. Des villes ensuite pour une balade parisienne le lendemain dimanche.

Un soleil automnal nous envoie sur les rives de l'Yerres, au sud de la région parisienne. Nous laissons notre véhicule à Brunoy pour longer la rivière qui joue des coudes autour d'Epinay-sous-Sénart. On traverse l'île de Brunoy, prend le tunnel orné de dessins muraux pour couper la boucle et retrouver l'Yerres un peu plus en amont. Promenade bucolique le long de l'eau dans laquelle se reflètent de grands arbres, en passant devant un moulin sans ailes devenu une coquette maison. Nous finissons notre après-midi à Brie-Comte-Robert, dans la librairie d'un ami qui vient de rouvrir, redevenant un commerce dit "essentiel".

 

Le lendemain, changement de décor à Paris. Nous suivons en partie l'un des sentiers GRP (Grande Randonnée de Pays) qui traverse la capitale d'ouest en est. Départ depuis la place de l'Etoile à travers le XVIème, par l'avenue Hoche, puis passant devant la salle Pleyel, une boutique Mariage (achat de thés pour Madame) et la cathédrale russe orthodoxe, Saint-Alexandre-Nevsky, imposante et dorée, un peu cachée en retrait de la rue. Une recherche sur la toile nous apprend que nombre de personnes s'y marièrent (Pablo Picasso, Henri Troyat, Michel Legrand) ou y firent célébrer leurs obsèques (Tourgueniev, Kandinsky, Nijinsky, Tarkovski). On passe ensuite par le parc Monceau : on y trouve notamment la Naumachie, bassin bordé d'une colonnade (une naumachie était chez les Romains un spectacle de bataille navale se déroulant sur un plan d'eau), conçu comme monument funéraire par Catherine de Médicis. On ressort en passant devant une autre colonnade, cette rotonde qui ouvre le parc au nord. Etape suivante, un autre parc, celui du square des Batignolles, devant lequel un marché artisanal attire les Parisiens du XVIIème. C'est un jardin à l'anglaise, combinant lac et rivière, grotte et cascade, dans un ensemble un peu kitsch, mais que les canards, cygnes et poules d'eau du coin apprécient.


 

Direction ensuite vers Montmartre, en passant devant son célèbre cimetière. La rue Lepic et l'avenue Junot serpentent dans le vieux Montmartre, nous menant devant les endroits emblématiques popularisés par Amélie Poulain. Le Moulin de la Galette, le Château des Brouillards, la vigne de Montmartre, le cabaret du Lapin Agile ou la Maison Rose. La balade s'achève sur la grosse meringue blanche et indigeste du Sacré Cœur, de laquelle l'on redescend vers les Grands Boulevards en passant par l'active rue des Abbesses. Un mois avant Noël, et alors que le déconfinement est amorcé, les trottoirs sont noirs de monde : le corona va encore s'en donner à cœur joie.

   







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