Balade dans le boboland montreuillois

Alors que nos horizons s'ouvrent à nouveau, les week-ends restent l'occasion de visiter des coins plus proches de notre repaire nocéen. En cette fin juin, c'est du côté de Montreuil que nous allons traîner nos guêtres. Montreuil (qui a perdu depuis peu son "sous-Bois" ancestral) est l'une des plus grandes communes de la banlieue parisienne avec ses 110.000 habitants, la seconde après Saint-Denis, elle aussi dans le 93. Autrefois fief communiste - le maire est d'ailleurs redevenu PCF cette année -, elle s'est embourgeoisée, en partie du moins, essentiellement sur son côté ouest limitrophe de Paris et du XXème arrondissement, tandis que la partie est reste, pour l'instant, populaire.

Nous partons du quartier oriental de Montreau-Ruffins, commençant par un des parcs que nous visiterons durant cette balade des trois Parcs. Le parc Montreau est un grand espace vert sur une pente de la butte de Romainville, coiffé d'un château qui abrite aujourd'hui le Musée de l'Histoire Vivante. Des pièces d'eau, des parterres fleuris, une roseraie, enjolivent ce parc à l'anglaise, pentu, vivant et discret, un peu caché entre le centre de Montreuil et l'autoroute A86 en contrebas. Mais ses dimensions lui ont offert quelques occasions de se distinguer, comme avec les championnats du monde de cyclo-cross qui s'y déroulèrent en février 1996.

De là, nous passons par les Murs à Pêches : entre 17ème et 19ème siècle ont été créés 600 kilomètres de murs bordés de pêchers palissés, en espaliers, qui nourrissaient l'Ile-de-France avant que le chemin de fer ne permettent d'acheminer des fruits venant du Midi. Beaucoup de variétés de pêches, comme la Grosse Mignonne ou la Téton de Vénus, furent d'ailleurs conçues à cette époque à Montreuil. Il n'en subsiste aujourd'hui plus qu'une quinzaine de kilomètres que la Mairie s'efforce de sauvegarder avec une association. Tout le quartier est en pleine mutation, là une piscine achève d'être construite, ici des bâtiments durables sortent de terre, ou encore de nouvelles voies de circulation apparaissent. La faune (humaine) qui se balade dans les lieux est variée, entre Gitans installés nombreux dans les parages et promeneurs du dimanche cherchant un coin de verdure dans la banlieue est. Un peu plus loin, une friche industrielle abrite une brasserie artisanale qui fabrique La Montreuilloise, une gamme d'une dizaine de bières originales qu'en tant qu'amateur de bières je ne peux que vouloir tester. Un magasin-bar est installé dans un baraquement type Algeco, avec quelques tables et chaises installés dehors dans une vilaine cour envahie de mauvaises herbes, le long de murs fatigués. Je déguste bien entendu, la bière est excellente (je fais quelques emplettes que je transporterai dans mon sac à dos), et je discute un peu avec la tenancière du lieu. J'y apprends que le déménagement est prévu pour très bientôt dans un autre lieu de la ville, et que l'endroit est promis à une belle opération immobilière : il y gagnera en standing (et en valeur foncière) ce qu'il perdra en charme, comme avec ces fresques murales qui disparaîtront avec lui.

Nous redescendons vers le Bas-Montreuil, le plus ancien, en limite de Paris, en passant par la place de la mairie. Celle-ci a bien changé depuis 1984 : pourquoi 1984 ? Parce que c'est l'année durant laquelle j'exerçais la fonction d'assistant dans l'officine sise sur ladite place 9 mois durant, il y a donc... euh 36 ans quand même ! Continuant vers l'Ouest, nous traversons des quartiers de petits pavillons, souvent en train d'être retapés, remis au goût du jour par des propriétaires sans doute venus de la capitale non loin de là. Puis arrivée à notre deuxième parc, celui de Jean-Moulin les Guilands, non loin de Paris. Ancienne carrière de gypse, une maison du parc colorée est perchée en haut, devant une grande pelouse de laquelle le vue sur Lutèce se déroule en contrebas.
 

Retour par Boboland, ses rues piétonnes bordées de bars et restos, ses ateliers d'artistes, ses épiceries branchées, où l'on confirme bien que les Parisiens ont passé le périf pour s'installer un peu plus loin, moins cher, dans une ambiance sympa, ça donne envie d'y passer une soirée à faire une tournée des bars !
Dernier parc sur le chemin du retour, c'est le Parc des Beaumonts, le plus sauvage des trois montreuillois, quelques sentiers au travers d'une végétation dense, au-dessus de galeries invisibles, remblayées après avoir servi à cultiver des champignons au siècle dernier. On en ressort pour longer le lycée horticole, puis le stade, que je connais bien pour m'y être rendu plus d'une fois au printemps pour le grand meeting d'athlétisme qui s'y déroule chaque année.
Voilà achevée cette grande virée trans-montreuilloise, une vingtaine de kilomètres à travers 3 parcs et les quartiers bien différents d'une ville en pleine transformation.






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