Au royaume des vélos

La Hollande, la vraie, en gros entre Amsterdam au nord et Rotterdam au sud, ça fait invariablement penser à une trilogie canaux - vélos - tulipes. Pour les tulipes, en ce mois d'octobre, c'est fini, il faudra revenir au printemps. Heureusement, canaux et vélos sont plus intemporels, et mon point d’attache pour ces 3 jours, la vieille ville de Delft, va m'en proposer sa dose. Déjà à Amsterdam, nous avions été estomaqués par le nombre de vélos qui circulaient dans la ville. Ici, à Delft, c'est pareil, plus marquant encore peut-être, ruelles et quais étroits, largement interdits à la circulation, et tout le monde se déplace à vélo, qu'il pleuve ou qu'il vente. Je dis bien à vélo, ici point de vélo électrique, encore moins de trottinette ou de scooter, tout pour le bon vieux vélo hollandais, noir et haut. Par contre, on en trouve tous les modèles, avec cockpit accueillant un nombre variable de passagers, des enfants en général, j'en ai vu jusqu'à quatre véhiculés par une seule paire de mollets, ou sous forme de tandem à multiples selles, de hauteurs variables, dès que les bambins sont en âge de pédaler. Le parking à vélo de la gare est immense, puisque se déplacer aux Pays-Bas revient souvent à combiner vélo, pour la logistique des derniers kilomètres, et train pour les distances plus longues. Lorsque l'on se promène en ville, il faut toujours prendre garde à anticiper les trajectoires de ces bolides bicycliques, et à ne pas effectuer de changement brusque d'orientation, au risque de finir son chemin dans le canal voisin, surtout lorsque la chaussée est humide. Puisque comme toute ville hollandaise qui se respecte, Delft est parcourue de canaux, au-dessus desquels la ville s'est construite. Mon Bed & Breakfast, à la propriétaire affable, est une de ces maisons anciennes - celle-ci date de 1630 - qui ont su allier charme du passé et confort du présent. Il me prêtera même un vélo pour que moi aussi, j'aille défier les pavés de la ville mouillés par un crachin de saison.





Nous avions brièvement visité Delft en 1986, et je n'ai pas l'impression que beaucoup de choses aient changé, même si ma mémoire n'en a pas gardé beaucoup de traces 30 ans après. Sillonner le centre ville le long des quais en enjambant les innombrables ponts, en admirant les points de vue, reflets dans l'eau, augustes demeures au pur style flamand, églises gothiques, est la première chose que l'on fait, de jour et de nuit, sous le soleil ou sous la pluie, et on ne s'en lasse pas. Pour changer un peu, il y a quelques arrêts à faire, pour reposer ses guibolles ou pour se protéger de la pluie. La Nieuwe Kerk (église neuve - pas si neuve que cela, elle date de 1381 !) permet de retracer à travers stèles et tombeaux l'histoire de le la maison d'Orange, la dynastie des souverains hollandais jusqu'à nos jours. La grimpette des 376 marches, amenant à la tour culminant à plus de 100 mètres, est physique et un peu oppressante, un étroit colimaçon qui monte et zigzague parfois, pour rejoindre un petit balcon tout en haut, qui offre comme espéré un magnifique panorama sur la ville et ses environs. Le soir venu, je déniche un concert de jazz-rock dans un bar à bières le long d'un canal, une occasion de se mêler à la jeunesse locale (et de tester quelques jus de houblon locaux).


Je prends le train pour aller voir une autre ville historique, située à 30 minutes de là. Le style de Leyde ressemble à celui de Delft, canaux, maisons anciennes, en un peu plus grand et plus aéré peut-être. Si Delft est la ville de Vermeer, Leyde est celle de Rembrandt, ce qui est peut-être moins connu, et l'illustre peintre est présent à chaque coin de rue ou presque, même si ses œuvres les plus célèbres se rencontrent surtout dans des musées de villes voisines, La Haye ou Amsterdam, et ailleurs dans le monde bien entendu.







Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque