Rotterdam ou l'audace architecturale
Rotterdam fut complètement détruite par un bombardement allemand le 14 mai 1940. De ce fait, la ville n'a gardé quasiment aucun quartier ou même bâtiment ancien, et s'est reconstruite une identité en opérant des choix architecturaux audacieux, en faisant preuve d'imagination, en s'orientant résolument vers l'avenir. On est donc ici à des années-lumière de Delft, pourtant située à une vingtaine de kilomètres de là seulement. On retrouve par contre l’ambiance d'autres grands ports européens, qui ont fait le même choix, souvent forcé, de l'innovation, comme Hambourg, Liverpool ou Le Havre. Déjà, quand on arrive à Rotterdam, la gare centrale donne le "la" : implantée dans un quartier en pleine mutation, son immense toit avance sur le parvis, indiquant la direction du centre. Dès que l'on emprunte les rues de la ville, les bâtiments modernes se succèdent, parfois colorés, souvent originaux, toutes les époques (récentes bien entendu) se mêlant : le Calypso rouge qui semble se mouvoir dans l'air, la place de Schouwbrug aux lampadaires rouges eux aussi, la galerie marchande en contrebas de Beurstraverse.
L'on arrive ainsi sur la large esplanade du Markthal, marché couvert central, un gigantesque tube qui présente la particularité de combiner commerces (à l'intérieur du tube) et habitations (à l'extérieur). Une immense fresque colorée et bucolique, à l'intérieur de la halle, amène une touche campagnarde dans cet environnement urbain minéral. Juste à côté, l'architecte Piet Blom s'est fait plaisir en concevant des maisons-cubes jaunes enchevêtrées, dont les arêtes forment un joyeux fouillis sur le chemin menant au port : visuellement, c'est assez réussi, mais est-ce vivable quand on y loge ?
Nous voici au port, où un bel immeuble de brique émaillée blanche, avec mosaïques et statues Art Nouveau, nous accueille. Quelques machines d'antan rappellent ce que fut le port il y a une centaine d'année, mais lui aussi a bien changé.


Plus loin, le Pont Érasme est devenu l'emblème de la ville, Érasme étant natif de la ville, bien bien avant que le pont ne soit construit (1996). Son élégante courbure surmontée de 40 haubans nous emmène jusqu'au quartier de Wilhelminapier, où les bâtiments et gratte-ciel les plus fous ont proliféré depuis quelques années. Certains en partant de lieux emblématiques du siècle passé, le terminal de croisière où les passagers embarquaient pour l'Amérique au début du XXème siècle, et où d'immenses paquebots accostent encore, déversant leur cargaison de touristes voraces et vieillissants, ou l'hôtel New York, style Jugendstil, ancien siège de la Ligne Hollande - Amérique, refait à neuf et magnifiquement resté dans son jus, dedans comme dehors.

Plus loin, le Pont Érasme est devenu l'emblème de la ville, Érasme étant natif de la ville, bien bien avant que le pont ne soit construit (1996). Son élégante courbure surmontée de 40 haubans nous emmène jusqu'au quartier de Wilhelminapier, où les bâtiments et gratte-ciel les plus fous ont proliféré depuis quelques années. Certains en partant de lieux emblématiques du siècle passé, le terminal de croisière où les passagers embarquaient pour l'Amérique au début du XXème siècle, et où d'immenses paquebots accostent encore, déversant leur cargaison de touristes voraces et vieillissants, ou l'hôtel New York, style Jugendstil, ancien siège de la Ligne Hollande - Amérique, refait à neuf et magnifiquement resté dans son jus, dedans comme dehors.
D'autres sont fermement installés au XXIème siècle. Une tour du fameux Renzo Piano, trois autres immenses reconstituant une ville verticale "De Rotterdam", encore une, la plus élevée des Pays-Bas, avec ses 164 mètres et ses 44 étages. Et la liste est longue. L'on se promène ainsi, le nez en l'air, dans ce Manhattan miniature, à mille lieues de la Hollande traditionnelle qui n'est pourtant qu'à quelques encablures de là.
Le retour vers la gare se fait via d'autres quartiers eux aussi en pleine reconstruction, les grues pullulent, les chantiers se succèdent, la ville vibrionne et continue de préparer activement son avenir, symbole des Pays-Bas modernes qui se superposent à la Hollande ancienne. Signe extérieur peut-être de cette dualité, le vélo, s'il reste présent, l'est bien moins que dans les autres villes du pays, la reconstruction ayant il est vrai aménagé une place plus conséquente à l'automobile, grands axes roulants ou vastes parkings.

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