Sur les balcons du Léman


Comme chaque année, nous partons avec ma sœur marcher sur les chemins de France et d'ailleurs. Cette année, après les Pyrénées et le GR10 l'an passé, c'est à nouveau la montagne qui nous attend dans les Alpes. Plus précisément la Haute-Savoie puisque notre point d'attache pour la semaine sera à Nernier, sur le bord du lac Léman, chez une amie. Histoire de nous acclimater, nous commençons notre semaine par deux balades le long des balcons du Léman, laissant en-dessous de nous le lac, la rive française, et la Suisse de l'autre côté. Première sortie autour du Salève, qui culmine au-dessus de Genève. Nous traversons quelques troupeaux de vaches étonnées qui nous regardent paisiblement passer au milieu de leur troupeau, contrastant bucoliquement avec la grande ville de Genève qui s'étale plus bas. Le lendemain, direction le Signal des Voirons, qui pointe à 1480 mètres, et nous offre à nouveau une vue panoramique sur le lac, d'un bout à l'autre ou presque, depuis le fameux jet d'eau genevois jusqu'à Evian. Et quand l'on se tourne, c'est le Massif du Mont Blanc qui apparaît au loin, enveloppé dans son manteau de glace. Il serait dommage de ne pas s'arrêter au passage au Monastère de la Transfiguration, tenu par les sœurs de Bethléem. Pour y apprécier la moderne chapelle, ses chauds tons boisés, son élégant Christ en bois, sa lumière feutrée, dans laquelle prie un moine et quelques fidèles. Ou bien pour aller admirer les poteries réalisées par les sœurs, presque émouvantes par leurs imperfections, aux belles couleurs pastel, et même en acheter quelques unes.
 

Ça y est, nous sommes en jambes, ou presque, il est temps d'aller taper un peu plus vite (si on peut), plus haut, un peu plus fort, comme dirait le Baron. C'est donc pour 2 jours de randonnée vers la Dent d'Oche que nous partons ce vendredi. Sac sur le dos avec quelques effets personnels, et des victuailles pour le chemin, et nous commençons à grimper. Après une pause au Chalet d'Oche, la dernière partie est la plus sportive : le sentier grimpe raide, la pente est rude, et pour accéder au refuge, nid d'aigle perché sur un éperon rocheux, nous escaladons une paroi encore plus verticale en nous aidant de chaînes judicieusement placées. Le souffle un peu court, nous voilà enfin en haut, à déguster une bière bien méritée. Enfin pas tout à fait, puisque point rassasiés, nous repartons pour aller encore jusqu'au sommet de la Dent (2222 mètres), quelques coudées au-dessus encore, et profiter d'un panorama époustouflant à 360°. Nous y restons une bonne heure, histoire d'imprimer le plus profondément possible sur notre rétine les magnifiques échappées vers lac et montagnes.
 

Nous passons la nuit au refuge, parmi une quinzaine d'autres marcheurs-escaladeurs. Le chalet en bois est bien retapé, les dortoirs rustiques, et le dîner est excellent, en mode vegan pourtant. Et dire que tout est acheminé, soit par hélicoptère, soit le plus souvent à dos d'homme ! Encore un tour sur la terrasse avant d'aller chercher un sommeil bienvenu, pour voir les lumières s'allumer petit à petit autour du lac, et les étoiles itou dans le ciel. Le lendemain, nous prenons les chemins de traverse pour revenir tranquillement. La descente, toujours à l'aide des chaînes, est même un poil plus compliquée que la montée. Pendant que nous cheminons avec précautions, quelques bouquetins goguenards nous regardent, avant que de repartir en gambadant effrontément là où nous avançons en mode escargot. Plus loin, le chemin de crête nous offre, du côté droit, la vue complète du Léman, et de l'autre celle sur un Mont Blanc impérial, planté dans l'azur d'un ciel immaculé. Puisque il faut ajouter que nous profitons durant ces 2 jours d'un temps incroyable, grand soleil et même chaleur inhabituelle à plus de 2000 mètres, un peu inquiétant aussi quand on pense au changement climatique.





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