Helsinki la moderne


Helsinki ne peut pas se comparer à ses illustres alter ego Stockholm, Copenhague ou Oslo. Elle n'en a ni l'ancienneté, ni l'histoire, puisque c'est en fait une capitale assez récente. Cela se ressent dans son architecture et dans sa topologie : point de demeures historiques ou de ruelles sinueuses, les voies sont coupées au cordeau, la modernité contemporaine le dispute à la une autre à peine moins récente. Du coup, c'est une ville qui affiche son originalité : boudée par les touristes qui veulent des vieilles pierres bien retapées, tournée vers la mer, s'orientant d'autant plus résolument vers l'avenir qu'elle n'a pas de passé à bichonner, elle a un charme décalé, qui change agréablement des villes muséifiées et touristisées à outrance.

Je loge dans un appartement sis tout au bout de Katajanokka, une île qui pointe son triangle à l'est de la ville. En rejoignant le centre en longeant l'eau, on aperçoit une armada de brise-glace, qui se reposent en attendant l'hiver pour reprendre leur activité. Un hiver qui paraît bien loin en ce début juin, puisqu'une quasi-canicule règne sur le Finlande ces jours-ci : ciel immaculé et soleil de plomb, le thermomètre flirte avec les 30 degrés, et la population en profite pour faire le plein de rayons UV. Rues et terrasses ne désemplissent pas, et les jardins publics se transforment en solariums, dans lesquels helsinkiens (et surtout helsinkiennes) viennent bronzer en maillot de bain.


Si Helsinki a échappé à un énième titre de "Venise du nord", elle est pourtant bien, comme sa voisine Stockholm, largement bâtie sur l'eau, occupant une presqu'île qui s'avance vers le sud, annexant au passage quelques îlots alentour, et entretenant ses bords de mer, créant au passage lacs ou réservoirs quand c'est nécessaire. Sillonnant la ville, on passe toujours par la place du Sénat, et son imposante cathédrale luthérienne néo-classique qui regarde dédaigneusement la ville d'en bas depuis son éminence, pourtant modeste. Plus populaire, le parc de l'Esplanade attire
les habitants qui viennent se balader ou boire un coup le long du boulevard, surveillés par la statue tutélaire d'une Havis Amanda dévêtue, devenue un symbole de la ville.



Continuant son chemin l'on arrive à la gare centrale. Ici, point de gare poussiéreuse au milieu d'un quartier interlope, mais une splendide construction conçue par l'architecte Saarinen, avec son toit en cuivre et ses deux statues hiératiques.

La promenade dans le centre d'Helsinki se poursuit vers le nord, où des bâtiments plus récents ont proliféré. Maison de la musique au look boisé et aux lignes fuyantes, parlement finlandais plus mastoc, jusqu'à l'Opéra National plus au nord, les bâtiments de styles variés se succèdent, et dans un joyeux désordre apparent, l'on saute d'une époque à l'autre, d'un style au suivant.

Pour trouver un Helsinki historique, il faut bien chercher dans quelques rues un peu planquées. La Maison Burgher dans Kruununhaka est la plus ancienne maison en bois d'Helsinki, cachée devant une cour d'école maternelle. Elle abrita plusieurs générations d'une même famille, et est meublée comme à la fin du XIXème siècle. Un joli retour dans le passé, bien rare à Helsinki.



Mais l'architecture qui m'a le plus emballé est celle de l'Art Nouveau à la sauce 
finlandaise, selon la version type Sécessionplus géométrique et moins en arabesque. Les immeubles colorés aux lignes droites et aux courbures élégantes s'alignent le long de nombreuses rues. Les motifs et les chiffres égaient les façades de maisons bien vivantes, dans des quartiers où il semble faire bon vivre.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque