Naples antique


Après le Naples d’aujourd’hui, ma dernière journée est consacrée à celui d’hier, en deux volets, le Musée d’Archéologie le matin, le site antique de Herculaneum l’après-midi (Pompéi sera pour une autre occasion), les deux étant évidemment complémentaires puisque les pièces les plus belles ou les plus fragiles ont été transférées au musée, tandis que le site permet de se rendre parfaitement compte du cadre dans lequel celles-ci avaient leur place.

Le Musée Archéologique est réputé comme l’un des plus intéressants du monde, et est essentiellement consacré aux pièces rapportées de Pompéi et d’Herculaneum. C’est ainsi que l’on se rend compte de la propriété unique qu’ont eu nuages de cendre et coulées de lave de préserver durant plus de 2000 ans des objets que l’on voit d’habitude bien abîmés dans les musées classiques. On retient entre autres, un ensemble de verres quasiment intacts, un service d’argenterie impeccable, qu’on pourrait presque utiliser derechef pour le repas de gala du soir, ou encore ces bijoux qui porteraient bien d’élégantes Napolitaines ; plus des pièces maîtresses elles aussi venues à nous sans avoir subi les outrages du temps, comme la Tasse Farnèse ou ce vase en verre bleu. Les mosaïques valent aussi le détour, ainsi que de monumentales statues gréco-romaines, puisque la statuaire grecque était très présente dans la bourgeoisie de Pompéi, et dont plusieurs viennent aussi des Thermes de Caracalla à Rome.
 

Après le musée, aller voir le site proche de Herculaneum, à 15 minutes de la gare centrale via un train de banlieue, est la suite idéale de la visite. On se rend alors compte que, là aussi, l’éruption du Vésuve a permet de conserver des villes dans un état proche de l’originel, et l’on peut circuler parmi des maisons quasiment intactes, mur et fenêtres, toits et portes, avec parfois même des poutres de bois certes noircies, mais toujours bien en place. L’on circule ainsi d’une riche villa avec son jardin, son atrium, ses multiples pièces, à une maison plus modeste, d’un commerce de vins avec ses amphores à des thermes … Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour se représenter quelques Romains déambulant sur les pavés des rues ou devisant sur le pas de leur porte. Les murs des maisons sont encore décorés de fresques colorées, souvent dans des tons rouges, tandis que des mosaïques recouvrent le sol ici et là. Et au-dessus veille toujours le Vésuve, qui semble bien débonnaire, mais méfiance, c’est sans doute ce que croyaient les habitants il y a 21 siècles.

 





Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque