Le long du Loing

Le printemps est arrivé avec quelques semaines d'avance en région parisienne, pourquoi ne pas en profiter pour aller (re)voir Moret-sur-Loing, quelques lustres que je ne m'y suis rendu. La petite ville médiévale a été durement touchée par les inondations de 2016, comme en témoigne la marque sur le mur au-dessus du Loing, au niveau des grandes crues de 1770 ou 1910. Il ne semble pourtant pas rester de traces de ces événements, les autorités locales ont fait fissa pour effacer les séquelles, et garder à l'endroit son cachet d'antan. La ville est vraiment bâtie sur l'eau, un étroit pont aboutit à la Porte de Bourgogne qui donne accès au vieux centre ; une passerelle permet d'aboutir au Musée du Sucre d'Orge (cf. infra), fermé en cette saison ; et un escalier vous fait descendre au ras de l'eau vive et de micro-chutes qui animent un peu le tableau paisible des lieux, non loin des reliefs de 2 moulins qui officiaient là pour permettre de fabriquer le tan il y a quelques siècles.


Parcourir Moret vous emmène sur les traces d'Alfred Sisley, le peintre impressionniste qui vécut - chichement - là jusqu'à la fin de sa vie, peignant et repeignant la ville sous tous ses angles, comme le rappellent des reproductions placées aux points stratégiques. L'église Notre-Dame impressionne par ses dimensions, extravagantes par rapport à la modestie d'aujourd'hui de l'endroit, mais qui rappelle que Moret fut une cité importante autrefois, aux confins de l'Ile-de-France et de la Bourgogne. François Ier y tint des rendez-vous galants, Fouquet y fut emprisonné, Napoléon y fit escale, jusqu'à Clemenceau qui y possédait une petite maison.
 

Une autre attraction locale est le sucre d'orge, puisque les religieuses de Moret en firent leur spécialité, laquelle s'est perpétuée jusqu'à nos jours, où une boutique sise dans une jolie maison en bois continue de vendre les sucreries originales toute jaunes, aromatisées à l'orge bien entendu.


Une balade au fil de l'eau m'emmène jusqu'à Saint-Mammès, berceau de la batellerie locale, comme l'indiquent encore les nombreuses péniches amarrées ou encore le petit chantier naval qui continue à remettre d'aplomb quelques embarcations fatiguées, et aussi une ancienne écluse dont subsistent encore quelques éléments.


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