Notre GR10 commence au Canigou


Ça y est, cette fois nous sommes sur ce fameux GR10 qui traverse les Pyrénées de l'océan Atlantique à la mer Méditerranée. Certains le parcourent d'une seule traite, 3 mois quand même en moyenne pour la traversée complète. Nous en rencontrerons plus d'un, le soir dans gîte ou refuge, qui en train de réaliser le grand trek : souvent en solitaire, plus rarement en groupe ou couple. Tel cet Israélien qui se retrouve à court d'euros et essaie de payer au refuge en shekels, ou cette fille d'une trentaine, qui parcourt tout le chemin pour faire un break entre 2 jobs, ou encore ce sportif accompli qui galope comme un cabri sur les sentiers, nous dépassant allègrement tandis que nous ahanons dans les montées.

Raconter la splendeur des paysages rencontrés me ferait aligner les poncifs, enfiler les images d’Épinal, abuser des superlatifs, et rédiger un blog assez répétitif. Des photos insérées ici et là au fil des pages décriront bien mieux que mon pauvre verbe les perspectives et les panoramas, les contrastes et les émerveillements. Nous découvrons le premier jour les débris d'un hélicoptère qui s'écrasa ici il y a quelques décennies déjà. On suit scrupuleusement le signe composé du fameux duo de rectangles blanc et rouge, qui balisent efficacement le parcours, avec quand même dans la poche une carte pour suivre notre itinéraire. De temps à autre, un cairn, ces tas de pierres alimentés par les randonneurs, vient souligner une bifurcation hasardeuse, ou simplement dire  aux suivants "nous étions là". L'hébergement suivant se situe au refuge de Batère. Cet ancien bâtiment sans grâce, qui appartenait aux mines de fer voisines, est l'une des nombreuses étapes du GR 10. Un couple tient les lieux durant l'été, nous ne sommes guère nombreux en cette fin de saison puisque cela va fermer dans quelques jours, quand l'automne arrivera. En attendant, ce début octobre est superbement ensoleillé, nous avons de la chance.




L'étape suivante passe par la petite ville d'Arles-sur-Tech, qui a longtemps vécu grâce aux mines de fer voisines. Il en reste quelques traces, comme ces câbles qui longent la longue descente vers la ville, ou ces usines désaffectées qui traitaient le minerai extrait. La ville a su garder un certain attrait et du dynamisme, au contraire de tant d'autres villes minières devenues moribondes.

L'on remonte ensuite dans la montagne, et cela grimpe bien, à travers des sous-bois aux troncs blanchâtres, filtrant une belle lumière d'après-midi. Nous faisons étape à l'écogîte du Moulin de la Palette, joliment retapé au bord de la rivière, coquettement meublé, où l'on se sent bien après une journée de marche, avec un repas roboratif partagé avec d'autres marcheurs au long cours.



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