Vaporetto dans la lagune
Pour échapper (un peu) à la pression touristique, il faut quitter le centre historique. La destination la plus évidente se situe au nord, vers la lagune, à partir des quais de Fondemente Nove. Les vaporettos vous emmènent faire le tour des îles de la lagune. Il y Sant'Erasmo, la grande île maraîchère d'où viennent beaucoup des fruits et légumes vendus sur les "vrais" marché de la ville, ou encore Mazzorbo, plus petite, spécialisée dans les vergers et le vignoble. Mais ce n'est pas là où l'on s'arrête - sans doute devrait-on d'ailleurs. Les hauts lieux sont Murano, Burano et Torcello ; alors évidemment, il y a là aussi du touriste en goguette. Mais comme toujours on peut s'extraire du flux. Il suffit à Murano de passer les boutiques vendant les fameux verres colorés, de s'écarter un peu des canaux, et la vraie vie reprend le dessus, avec notamment la Basilique Santa Maria e Donato, et son magnifique pavement de mosaïques ; un peu plus loin, les jardins apparaissent, les places désertes s'enchaînent, on est déjà loin des verroteries pour Asiates de passage.
Un autre coup de vaporetto pour remonter plus au nord. Burano, la petite sœur - à une lettre près - de Murano, est bien plus petite, et tranche avec elle par les couleurs vives de ses maisons : les pêcheurs peignaient leurs maisons de cette façon pour les repérer dans le brouillard, et la tradition se maintient. Malgré l'attrait du touriste lambda pour cette petite île, elle reste vivante et authentique, densément peuplée aussi, et la vie des habitants continue à tourner autour du campanile penché sur la grande place centrale.
En face de Burano, dernier arrêt à Torcello. On change de registre là, peu d'habitants, mais un pan entier de l'histoire de Venise s'y attache : c'en était le centre principal au Xème siècle, avec 10.000 habitants, l'île la plus riche et la plus puissante, jusqu'à ce que la lagune ne s'envase et la malaria progresse. La population quitte l'île qui s'endort doucement jusqu'à aujourd'hui. N'en reste que la Cathédrale de Santa Maria Assunta et là encore de remarquables mosaïques. Il flotte désormais une atmosphère paisible et déconnectée, même les sempiternels touristes semblent se détourner de cet endroit trop paisible, sans échoppe de souvenirs ou d'hôtel-restaurant.

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