Trois fois Troyes

La capitale auboise est l’objectif de notre deuxième journée, une nouvelle incursion dans Troyes dont j’avais été époustouflé par le renouveau il y a quatre ans, alors que je gardais une impression mitigée lors d’un passage plus ancien. Les pans de bois, sur fond souvent coloré, sont bien là, d’autant mieux mis en valeur que les travaux de rénovation ont avancé. Nous flânons par les quais, la place de la Libération, la rue centrale Urbain IV (182ème pape, né à Troyes sous le nom de Jacques Pantaléon), jusqu’à la place du Maréchal Foch où l’animation bat son plein, avec l’arrivée d’une compétition de course à pied organisée par le Rotary, un Tour du Bouchon (la forme du centre ville troyen) sur 7 kilomètres pour un millier de courageux.

 

Nous parcourons les ruelles du vieux Troyes tout de bois couvert, s’engouffrant dans l’étroite ruelle des Chats, faisant une pause dans le charmant Jardin Juvénal des Ursins, blotti entre les maisons, déployant ses parterres géométriques, remplis de rosiers anciens, de plantes médiévales,
d’arbustes vigoureux, qui composent un décor réjouissant en pleine ville.

 

L’église Saint-Pantaléon offre un autre exemple de jubé, de pierre ciselé celui-ci, sous sa voûte en bois, et non loin de là, la Maison Rachi rappelle l’histoire de la communauté juive de la ville. Celle-ci a été rénovée il y a peu et semble magnifiquement mise en valeur, mais il nous faudra revenir à Troyes pour la visiter, fermée qu’elle est ce jour-là.

    

Un autre arrêt est pour l’Hôtel de Vauluisant, qui abrite le musée de la Maille, afin de parfaire notre découverte de la bonneterie troyenne, après la visite d’Aix-en-Othe. Il présente dans les locaux un peu désuets de l’hôtel particulier le savoir-faire ancestral du tissage de la maille, à travers d’anciens métiers en bois, jusqu’à des machines électriques plus récentes, mais l’on se sent rapidement dépassé par l’accumulation des outils, et la technicité des explications, qui laissent le péquin ignare quelque peu désemparé. Les articles en maille sont plus accessibles, mais là encore, leur présentation, un peu en vrac, ne rendent pas raison à la richesse de la collection. Bref, nous sommes plutôt déçus par cet endroit qui mériterait une muséographie plus accessible.

 

Sur le chemin de retour, nous nous arrêtons brièvement à la magnifique Apothicairerie, dans l’Hôtel-Dieu le Comte, juste à côté de la Cité du Vitrail. La grande salle est un régal, surtout pour le potard que je suis, avec ses colorées boîtes médicinales aux motifs naïfs, ses blanches faïences aux inscriptions latines bleutées, ses objets d’étain ou de verre destinés à manipuler ou administrer les drogues composées. Je frémis en voyant la composition de la « thériaque », antique anti-poison à base de chair de vipère (!) et d’opium, tout de même. A côté, le laboratoire me rappelle mon métier, et son évolution sur les quelques siècles récents.

Sur les coups de midi, nous jetons pour déjeuner notre dévolu sur un bistrot près des Halles, le Vert Casserole, œuvrant dans les produits du cru. Sans surprise, après un verre de champagne aubois, c’est sur une andouillette au chaource (double sourcing local) que notre choix se fait. C’est riche et c’est bon !

 

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