Requiem à Versailles
C'est un requiem qui nous emmène à Versailles l'espace d'un week-end, celui de Mozart que nous allons écouter dans la Chapelle Royale du Château de Versailles. Il y a foule sur l'esplanade pavée qui ouvre sur le château côté ville, et nous esquivons le flux pour rejoindre les happy few qui comme nous ont un billet pour l'une des deux séances qui sont prévues cet automne. L'orchestre et le chœur de l'Opéra Royal nous octroient une heure et quart de musique et de chant, auxquels je dois avouer - à mon grande honte - que je ne suis guère sensible. Il me reste les dorures et les peintures du plafond et murs de la chapelle à admirer, magnifiés par la lumière vespérale qui filtre à travers la verrière.
Ce concert était la dernière activité de ce séjour versaillais, commencé la veille par un voyage assez chaotique pour rejoindre la ville depuis notre banlieue est. Nous avions décidé de renoncer à la voiture pour favoriser les transports en commun : mal nous a pris car ce week-end justement, des travaux sur les voies ferrées vers notre destination, et plusieurs lignes RER ou Transilien sont à l'arrêt. En combinant quatre moyens de transport, dont nos gambettes, nous arrivons finalement à notre fin avec quelque retard. Sur place il fait déjà nuit, et il pleut, nous nous réfugions au Musée Lambinet, le musée municipal sis dans un bel hôtel particulier du 18ème. Celui-ci retrace l'histoire de la ville, et notamment des périodes royales, puis révolutionnaires, des années 1700. Belles salles richement meublées, sculptures et peintures, du très classique, toujours instructif pour une piqûre de rappel sur les épisodes emblématiques de cette époque.
Le lendemain, nous complétons notre culture versaillaise par le très bel espace Richaud, un ancien hôpital royal récemment refait et converti en lieu d'expositions. Sous une grande rotonde, une expo sur les peintres de la Marine, qui regroupe les œuvres d'artistes officiels de la Marine Française, une belle scénographie dans un espace original, une découverte qui valait le détour. D'autant que devant le site, un géométrique jardin à la française amène un plus ensoleillé en ce dimanche matin.
Autre visite sur le chemin du château, la spectaculaire Galerie des Carrosses royaux et impériaux, un enchaînement de véhicules souvent bicentenaires, et davantage, à la décoration surchargée, qui ont vu des palanquées de grands de ce monde célébrer des couronnements et autres cérémonies. En voyant cette profusion de dorures et de luxe, on ne peut s'empêcher de penser à l'argent englouti dans ces engins insensés, d'autant qu'il en "fallait" plusieurs dizaines à chaque occasion, tandis que le peuple peinait à survivre de l'autre côté des barrières.
Versant intendance, une nuit dans un hôtel agréable, le Versailles Chantiers juste en face de la gare par laquelle nous sommes arrivés et repartons, bien placé pour nos diverses activités. Un bon resto le soir aux Petites Canailles sur l'emblématique carré du grand marché de la ville, avec tartare d'espadon et pavé de cabillaud dans l'assiette. Et le lendemain midi, l'excellente crêperie du Blé Noir, dans le quartier des Récollets, où nous apprenons en discutant avec le patron que c'est leur jour de réouverture après un incendie subi trois mois auparavant.
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