Anvers, du port aux beffrois

Notre rituelle sortie européenne de printemps, ou d'hiver, nous emmène cette année du côté d'Anvers, à un jet de pierre de Paris en TGV. Nous allons durant 3 jours voyager entre passé et présent, de la grand place jusqu'au port moderne, des beffrois et de Rubens jusqu'au MAS ou au MuHKA (les musées modernes du cru), en passant par le quartier Art Nouveau.

Mais commençons donc par faire sa peau au coin des diamantaires : celui-ci est situé juste à côté de la (belle et néo-baroque) gare centrale, deux trois rues sans charme avec des devantures banales exposant quelques bijoux, rien de bien affriolant, déception ! On ne comprend pas que les officines locales de tourisme n'aient pas encore orchestré un parcours et des lieux autour de ce pourquoi Anvers est célèbre dans le monde entier. Repartons donc pour le centre historique autour de la Grote Markt. Une place qui évite les habituels rectangles de ses équivalentes pour s'allonger paresseusement vers l'est, depuis l'Hôtel de Ville et la fontaine du vaillant Brabo qui coupa la main du géant Druon pour créer la ville d'Anvers, flanquée de quelques belles maisons des siècles passées. Sur la place, un orchestre de cuivres tout en rose improvise un happening pour la plus grande joie des passants. La cathédrale voisine est un peu coincée sur une petite place adjacente, en plein chantier qui plus est, et mérite sans doute un peu plus d'attentions. Surprise, c'est le week-end du chocolat à Anvers, et une carte achetée à l'office du tourisme nous incite à nous concocter un parcours à travers les chocolatiers les plus réputés de la ville : un parcours gourmand qui nous permet de goûter (et parfois d'acheter) des pralines - comme on dit ici - variant entre classicisme (les giandujas pour moi) et innovation (chocolat au yuzu pour ma moitié). 



Nous remontons vers le nord et vers les bassins du port. Les plus proches ont été délaissés au profit d'opérations immobilières, avec des tours, plus ou moins réussies, qui poussent le long de l'eau, de plus en plus loin du centre. Ce nouveau quartier apparaît dans l'ensemble plutôt agréable, la verticalité assumée permettant une densité relativement faible au sol, et de la place pour développer espaces verts, pistes cyclables, promenades le long de l'eau, même si beaucoup reste encore à faire. Au bout du bassin principal, la spectaculaire Maison du Port de Zaha Haduid ressemble à un diamant surfant sur le bâtiment historique, prêt à prendre son élan poiur aller amerrir sur l'eau en contre-bas.  Au retour, nous croisons la tour du "Musée sur la rivière" (MAS), qui surplombe les premiers bassins ; si nous n'y entrons, nous nous arrêtons par contre dans une salle d'exposition consacrée au Port d'Anvers, immense et que nous ne verrons pas vraiment : mais la grande maquette qui y est présentée, avec les explications complètes de la préposée des lieux nous font comprendre le port, son trafic, son évolution et ses extensions, passionnant intermède. Un peu plus loin, en bord de l'estuaire de l'Escaut, un autre musée est consacré à la Red Star Line, cette ligne transatlantique qui vit des milliers d'émigrants l'emprunter pour aller voir de l'autre côté de l'Atlantique si la vie y était plus belle : Belges, Allemands, Néermlandais, mais aussi beaucoup de citoyens de pays plus à l'Est, passèrent par là entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle. Installée dans les hangars historiques de la compagnie, l'expo narre avec brio et de manière très complète l'histoire et les circonstances des innombrables vies qui transitèrent par cet endroit, dont des célébrités comme Alfred Einstein. Un musée qui n'a pas été sans nous rappeler d'autres comme ceux de Gênes, Liverpool, Hambourg ou New York (Ellis Island), puisque nous avons développé un tropisme prononcé pour les grands ports ces dernières années.


Quelques lieux remarquables en passant : le zoo juste à côté de la gare, avec son style Art Nouveau (très présent dans la ville), le musée-maison de Rubens, son splendide palazzo à l'italienne, rempli de ses oeuvres, et aussi de celles de Van Dyck et Jordaens, à travers des pièces et ateliers qui nous font remonter le temps pour (presque) partager le quotidien du plus célèbre des Anversois ; le Steen, le plus ancien bâtiment de la ville, vestige des fortifications sur l'Escaut, et qui servit de prison dans des temps plus récents ; le Béguinage, avec ses maisonnettes en brique rouge, bien caché, calfeutré entre les rues de la ville, avec son verger et ses poiriers.


Un secret bien caché de la ville est son quartier Art Nouveau à Zurenborg, bien moins connu que ceux de Bruxelles, de Vienne ou de Nancy, et qui vaut plus qu'un détour, d'autant qu'il a l'avantage d'être concentré sur un petit périmètre et quelques rues le long desquelles les demeures aux arabesques végétales se succèdent et offrent une profusion incroyable de couleurs et de motifs. Toutes maisons construites sur une courte période d'une dizaine d'années, entre 1898 et 1910 : le Tournesol, les Mouettes, la maison du Peuple, etc, etc ...
 

En rentrant dans notre sympathique appartement de la place de Damplein, nous traversons un grand Parc qui grouille de monde : se déroule ce week-end une grande animation sportive, une sorte de footing ludique auquel s'adonnent des milliers de locaux, avec un parcours passant par l'intérieur de tours ou par des toboggans, ou encore avec des sauts dans des boudins gonflables, assez étonnant comme concept, mais cela plaît visiblement ...





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